Portugal : la mystique Francesinha

Francesinha

Au détour des rues à l’ambiance chaleureuse et capiteuse de Porto, j’ai eu une révélation, un choc spirituel, un vertige métaphysique…

Les mecs ont inventé un truc dont le nom ne trompe pas, qui réunit tout ce que la France a de sophistiqué et tout ce que le Portugal a de généreux dans un seul plat : la Francesinha.

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La Francesinha, c’est un sandwich chaud et bien fat à première vue. Mais la Francesinha, c’est beaucoup plus que ça. Deux tranches de pain de mie épaisse, légèrement grillées. Rien d’exceptionnel. Du “jambon” qui tient fort de la mortadelle a la pistache, une belle tranche… Mouais, vous entends-je penser. Une tranche de lard grillé qui ruisselle et vient déjà illuminer le tout. Ah, je sens poindre une once d’intérêt. Et là, entre ces deux tranches de charcuterie, que trouve-t-on avec stupeur et émerveillement? Une saucisse pardi, me direz-vous? Et non : DEUX saucisses!

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Deux variétés de saucisse grillées avec amour et délicatesse. La plus douce, tenant un peu de la chipolata (d’artisan charcutier , attention!) vient adoucir l’ardeur de sa soeur, toute blottie contre elle mais plus virile, la linguiça, une sorte de merguez au goût légèrement fumé appelant déjà le piri-piri. Car le piri-piri, c’est l’élément essentiel de la sauce, qui vient marier tout ce monde et faire opérer la magie entre ces ingrédient a priori inconciliable (ou tout du moins difficiles à digérer sans un tube de Citrate).

 

Une sauce magique

J’ai demandé au serveur du restaurant qui sert les meilleures Francesinha de Porto la recette de cette sauce magique. Il m’a répondu sans surprise que sa composition était tenue secrète. Elle ne compte pas moins de 25 ingrédients (elle est faite maison bien entendu…). On peut néanmoins en retrouver la base sur Internet. Nos papilles enivrées de Super Bock, la bière portugaise indissociable du plat, ont tenté d’en détecter quelques ingrédients…

Mais pourquoi Francesinha, la “petite française”, me direz-vous? Car, suite aux invasions napoléoniennes, les portugais ont découvert avec stupéfaction que les français mangeaient du pain avec tout, surtout de la viande et… Du fromage!

Et oui, il est là : l’ultime et sublime ingrédient de notre plat. Un fromage équivalent à un manchego jeune, qui vient fondre délicatement et généreusement sur le tout. Il donne souplesse, amplitude et âme au plat. Il devient alors super-addictif et nous emmène bien au-delà du point de non retour.

A ce stade, l’accompagnement ne nous fait même plus peur : des frites. Et on les mangera jusqu’à la dernière, jusqu’à ce qu’il ne reste plus une seul goutte de cette sauce, délicieux nectare dont le serveur n’hésitera pas à vous abreuver à nouveau au besoin. Des variantes existent : la même avec un oeuf à cheval (sisi, je l’ai vu, promis), ou avec une crème de crevette (terre/mer), aux champignons etc.

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Où manger les meilleures francesinhas?

  • A Porto, évidemment. Dans le testé et approuvé : Capa Negra II. (Irmãos Fontes Lda Rua Campo Alegre, 191 4150-177 Porto)
    • Ambiance très conviviale, accueil impeccable, bon choix de bière Super Bock et de vinho verde. Très bonne et large carte en dehors des francesinhas.
  • Mais aussi :

Et enfin, pour être autonome sur le sujet, rien de tel que de faire sa propre francesinha : une recette par ici (il y a autant de recettes que de francesinhas, bien entendu)

Plus d’informations sur la page Wikipédia de la francesinha 

 

Alors ça vous a donné l’eau à la bouche ? Vous allez essayer la recette ? N’hésitez pas à partager votre résultat dans les commentaires 🙂

 

A très bientôt pour de nouvelles aventures gastronomiques autour du globe avec la Saucisse Volante,

 

Aleksossissum

 

 

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